Respiration buccale et santé dentaire : conséquences souvent ignorées
La respiration buccale est un phénomène courant, parfois temporaire, parfois chronique. Pourtant, ses conséquences sur la santé bucco-dentaire sont largement sous-estimées. Respirer principalement par la bouche modifie l’environnement oral, perturbe le microbiome et favorise l’apparition de nombreuses pathologies dentaires et gingivales.

Qu’est-ce que la respiration buccale ?
La respiration buccale désigne une respiration prédominante par la bouche plutôt que par le nez. Elle peut être liée à des causes anatomiques, allergiques ou fonctionnelles, comme une obstruction nasale chronique ou une mauvaise posture linguale.
Chez l’enfant comme chez l’adulte, une respiration buccale prolongée peut avoir des effets durables sur la santé.
Rôle de la salive dans la protection buccale
La salive est un élément clé de la santé bucco-dentaire. Elle hydrate les muqueuses, neutralise les acides, limite la prolifération bactérienne et protège l’émail dentaire.
La respiration buccale entraîne une évaporation accrue de la salive, provoquant une sécheresse buccale chronique. Cet environnement sec est particulièrement favorable aux bactéries pathogènes.
Respiration buccale et microbiome oral
Un microbiome oral équilibré dépend d’un environnement humide et stable. La sécheresse liée à la respiration buccale modifie la composition bactérienne, favorisant les bactéries acidogènes et inflammatoires.
Cette dysbiose augmente le risque de caries, de gingivites et de maladies parodontales, même chez les personnes ayant une hygiène bucco-dentaire correcte.
Augmentation du risque de caries dentaires
L’absence de salive suffisante réduit la capacité de neutralisation des acides produits par les bactéries. L’émail devient plus vulnérable, ce qui favorise la déminéralisation et l’apparition de caries, notamment au niveau des collets dentaires.
Chez l’enfant, la respiration buccale est associée à une prévalence plus élevée de caries précoces.
Inflammation gingivale et mauvaise haleine
La respiration buccale assèche les gencives et les muqueuses, favorisant leur inflammation. Les gencives deviennent plus sensibles, plus sujettes aux saignements et aux infections.
La sécheresse buccale favorise également la prolifération de bactéries responsables de l’halitose chronique, souvent difficile à traiter sans corriger la cause respiratoire.
Impact sur la santé générale
La bouche sèche et inflammée constitue une porte d’entrée pour les bactéries. Ces dernières peuvent passer dans la circulation sanguine et contribuer à une inflammation systémique.
De plus, la respiration buccale est souvent associée à des troubles du sommeil, qui eux-mêmes influencent la santé métabolique et immunitaire.
Prévention et solutions
La prise en charge de la respiration buccale nécessite une approche globale. Identifier la cause est essentiel : allergies, obstruction nasale, troubles ORL ou habitudes fonctionnelles.
Le dentiste peut jouer un rôle clé en détectant les signes bucco-dentaires évocateurs et en orientant vers d’autres professionnels de santé.
En parallèle, une hygiène bucco-dentaire renforcée et l’hydratation régulière de la bouche sont indispensables.
Conclusion
La respiration buccale n’est pas anodine. Elle perturbe le microbiome oral, augmente le risque de caries et d’inflammations gingivales, et peut avoir des répercussions sur la santé générale. Une prise en charge précoce permet de préserver durablement la santé bucco-dentaire.
Sources
INSERM – Salive et santé orale
American Dental Association – Dry mouth and oral health
Journal of Oral Rehabilitation – Mouth breathing and oral health
National Institutes of Health – Oral microbiome and xerostomia

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